Direction Brésil #2 : « Arroz, feijão, farofa »; la sainte trinité de la gastronomie Brésilienne

Suite de la série de cinq reportages sur les richesses de la gastronomie brésilienne. Je les ai écrits dans le cadre d’un partenariat avec Cuisine et Vins de France au moment de la Coupe du Monde, en profitant de la vague « do Brasil » pour partager un peu de mon expérience d’un an au pays du samba. 

Episode 2: La sainte trinité de la gastronomie Brésilienne 

Cet article a été publié originellement sur le site de Cuisine et Vins de France au lien suivant: http://bit.ly/1r4QieH

Le riz, les haricots, et la farine de manioc, la base sacrée de l’alimentation au Brésil.

Si la religion occupe une place importante dans la société brésilienne, c’est également le cas de la nourriture. Et pas n’importe laquelle ! Il existe une base incontournable dans la gastronomie au Brésil : le riz (arroz), les haricots noirs(feijão), et la farine de manioc (farofa).

Ces aliments sont consommés au moins une fois par jour par les brésiliens, et on vous dira souvent qu’une journée sans ce trio de choc n’est pas une vraie journée !
Ce sont d’ailleurs les produits de base du plat national, la Feijoada, qui se compose également de morceaux de porc, de quartiers d’orange fraiche et de chou vert.

Le riz, l’unité gastronomique d’un pays grand comme l’Europe.

En premier lieu, le riz est le pilier de l’alimentation du pays, si bien qu’il s’est implanté comme une des céréales les plus cultivées au Brésil, surtout dans les Etats du Sud comme Santa Catarina ou le Rio Grande do Sul. Il est cuisiné souvent assez simplement à l’eau et au sel, avec de l’ail et des oignons.
C’est un riz blanc, d’une qualité et d’une finesse moyenne, en comparaison avec le riz basmati par exemple.

Les haricots et le manioc, une base qui varie en fonction des régions et des traditions familiales.
Les haricots, toujours noirs pour la fameuse Feijoada, sont de variétés différentes selon les régions du Brésil. Au Minas Gerais par exemple, l’Etat –grand comme la France- frontalier avec ceux de Rio de Janeiro et de São Paulo, il peut être brun et servi en une sorte de purée, le « tutu », ou plus clair et accompagné d’œufs et de lard, alors appelé « feijão tropeiro ».
Dans la Bahia, on trouve également des haricots plus clairs que dans le Sud du pays.
Partout, on peut toutefois trouver des « caldo de feijão », de délicieuses et copieuses soupes à base de haricots.

Quant à la recette de la farine de manioc, la « farofa », elle varie plus en fonction des secrets de famille que selon les régions.
Traditionnellement, la farine crue est revenue dans du beurre et avec des oignons, auxquels on peut y additionner des lardons, des œufs brouillés et des herbes. Cette poudre savoureuse fait office de pain au Brésil, car elle permet d’absorber le jus des plats.

Une alimentation à l’image du mode de vie de brésiliens.
Cette base alimentaire, si elle fait désormais partie du patrimoine culturel du Brésil, est à l’origine plutôt la « nourriture du pauvre ».

Contraints à un régime peu varié, les brésiliens les plus modestes privilégiaient les aliments nourrissants et peu coûteux.
Aujourd’hui, cette tradition est restée, et s’adapte aux nouvelles habitudes de vie d’une grande partie de la population. Ainsi, l’apport conséquent en protéines et en féculents provenant du riz, des haricots et du manioc est nécessaire pour transformer ces calories en muscles, à travers le sport qu’ils pratiquent en masse.

L’idéal physique au Brésil, et surtout à Rio, est d’ailleurs bien différent du nôtre : ils valoriseront bien plus un corps volumineux, tant qu’il est musclé, qu’un corps fin mais moins ferme.  Toutefois, s’il n’est pas associé au sport, ce type d’alimentation très riche, combiné à une forte consommation de bière et de produits sucrés, peut être à l’origine de nombreux problèmes de surpoids.

Finalement,  le « arroz, feijão, farofa » est si important au Brésil que, au moment où ils se retrouvent loin de leur pays, les brésiliens en ressentent autant le manque que les français, quand il s’agit du pain ou du fromage !

Publié par Laurène Petit

Tailleuse de mots et goûteuse de mets, Laurène aime faire chauffer sa plume autant que sa fourchette. Son cheminement entre les bancs de Sciences Po, derrière les fourneaux lors de son CAP Cuisine ou en reportage dans des fermes bio lui ont permis de mieux comprendre les enjeux alimentaires de la fourche à la fourchette. Son pique-nique préféré ? Celui qui rassemble ses amis et ses produits préférés glanés au marché : fromages affinés, fougasse bien huilée, fruits et légumes frais.

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