Direction Brésil #4: Le goût de la démesure à la Brésilienne

Suite de la série de cinq reportages sur les richesses de la gastronomie brésilienne. Je les ai écrits dans le cadre d’un partenariat avec Cuisine et Vins de France au moment de la Coupe du Monde, en profitant de la vague « do Brasil » pour partager un peu de mon expérience d’un an au pays du samba. 

Episode 4: « Restaurantes ao quilo », « Rodizios   » : le goût de la démesure à la brésilienne

Appétits de moineau, n’allez pas au Brésil ! Ici, mieux vaut avoir un bon coup de fourchette lorsqu’il s’agit de passer à table. Si les restaurants français sont connus pour leurs petites portions, c’est tout le contraire pour les brésiliens. Restaurants au poids, à volonté ou grands plats à partager sont caractéristiques de la restauration brésilienne, généreuse et conviviale.

Les restaurants au poids, « restaurantes ao quilo »

Dans tous le pays, la tradition du restaurant au kilo est forte. Le principe est simple et astucieux : il suffit de se servir dans un buffet de plats préparés, viandes, poissons, salades et accompagnements, et de peser ensuite son assiette. Chacun paiera à la fin en fonction du poids de sa nourriture. Ainsi, les plus petits appétits débourseront moins que ceux dont l’assiette est la plus remplie, mais tout le monde se satisfait de pouvoir choisir son menu au gramme près. Certains usent de stratégie pour obtenir le meilleur rapport quantité-prix, en misant sur des aliments moins denses comme les légumes ou les poissons, et en laissant de côté les plats faisant peser la balance, comme les viandes ou les pommes de terre.

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 Un exemple d’assiette dans un restaurant au kilo, et à côté, la fiche où le serveur note le prix correspondant au poids de son plat.

Ces restaurants varient aussi bien en termes de prix que de choix des produits proposés. Alors que certains se contentent de la fameuse base de la cuisine brésilienne à savoir le riz, les haricots et la farofa, d’autres proposent des buffets très garnies de spécialités régionales et parfois de desserts. Les prix peuvent aller de 15 reais (environ 5 euros) le kilo, à 60 (environ 20 euros) pour les plus hauts de gamme. En moyenne, on peut facilement s’en sortir pour une douzaine de reais (4 euros) pour un plat complet. Voici donc une solution rapide et économique pour se restaurer au Brésil !

  

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Un buffet au kilo typique, à Olinda, dans l’Etat du Pernambouco

Les restaurants à volonté, « Rodizios »

Il existe toutes sortes de restaurants à volonté au Brésil. Ces rodizios sont le plus généralement à base de viande, mais peuvent également servir des sushis, des pâtes, des pizzas ou encore du poisson. On paie ainsi un prix fixe, souvent relativement cher, et l’on se sert autant de fois que l’on veut du produit de référence, décliné à toutes les sauces. Dans le cas du Rodizio de Carne (restaurant de viande à volonté) dont les brésiliens raffolent,  il s’agit souvent d’un spectacle, car les serveurs offrent aux clients un ballet incessant d’énormes pièces de viande piquées sur de longues broches, dans lesquelles ils découpent des morceaux à la demande. Ces viandes variées sont accompagnées d’un large buffet d’accompagnements, qui pourrait suffire à lui-seul à contenter les plus gros mangeurs. Cette option, qui vaut le détour au moins une fois lors d’un séjour au Brésil, est donc plutôt à recommander aux plus gourmands et gourmets !

Les plats à partager, un contrepied au service à l’assiette français

Tandis que la tradition française en restauration met encore l’honneur au service individuel à l’assiette, au Brésil il est très courant de choisir des plats à partager au restaurant. Tellement courant que bien souvent les menus ne le précisent même pas, si bien que bon nombre de touristes non aguerris se retrouvent avec des portions gargantuesques, et une note tout aussi salée ! Les plats sont en effet habituellement servis pour deux personnes (brésiliennes), c’est-à-dire contentent parfois largement trois européens. Il s’agit souvent d’une portion de viande ou de poisson à partager, servie avec du riz, des haricots, de la farofa, et de la salade, le tout en quantité appréciable. Cela consiste donc en un bon compromis pour un déjeuner convivial entre amis, pour un prix bien souvent raisonnable.

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Un poisson entier, du riz, une vinaigrette aux crudités et de la farofa, un plat à partager par excellence !

 

La cuisine caractérisant la restauration brésilienne se distingue de la cuisine française, qui, par son histoire et ses convenances sociales, privilégie la qualité et le raffinement, et se rapproche ainsi des traditions du continent américain valorisant la quantité avant tout.
Dans son ensemble, la gastronomie brésilienne est donc riche, à la fois par ses goûts, mais surtout par sa profusion et sa générosité.

Publié par Laurène Petit

Tailleuse de mots et goûteuse de mets, Laurène aime faire chauffer sa plume autant que sa fourchette. Son cheminement entre les bancs de Sciences Po, derrière les fourneaux lors de son CAP Cuisine ou en reportage dans des fermes bio lui ont permis de mieux comprendre les enjeux alimentaires de la fourche à la fourchette. Son pique-nique préféré ? Celui qui rassemble ses amis et ses produits préférés glanés au marché : fromages affinés, fougasse bien huilée, fruits et légumes frais.

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